Etudes de cas
La gestion des programmes de pêches
IDDRA travaille avec le Ministère de l’Economie Maritime, des Transports Maritimes et de la Pêche au Sénégal depuis début 2009. Le but de ce programme est de développer, en collaboration étroite avec le Ministère, un plan d’aménagement pour les ressources démersales profondes, notamment de crevette et de merlu. L’appui apporté par IDDRA au processus de conception et d’élaboration du plan se fait sur la base de sept missions d’appui. L’approche consiste en un diagnostic participatif de l’état actuel de ces pêcheries, une validation des résultats par un groupe d’experts internationaux et une phase de développement du plan.
La direction et la gestion des programmes de planification des pêches
Suite à la catastrophe du Tsunami de 2005, IDDRA a été mandatée en 2006 par l’Equipe des Nations Unies d’Aide et de Soutien Post-tsunami (UNTRS : United Nations Team for Tsunami Recovery Support), afin de mener une équipe d’experts internationaux de la pêche pour étudier le secteur des pêches au Tamil Nadu en Inde, en collaboration étroite avec les administrations de pêche du gouvernement indien. La Banque Mondiale et le Département britannique pour le développement international (DFID) ont également apporté leur soutien. Les objectifs étaient d’évaluer le secteur des pêches et les politiques de soutien pour des pêcheries pro-pauvres durables au Tamil Nadu. Le travail, basé sur l’analyse de l’information et des données existantes, a été mis en œuvre par le biais d’une série de concertations avec les parties prenantes ainsi que des missions de terrain. Le rapport final a confirmé l’importance potentielle de la contribution des pêches au Tamil Nadu au développement durable dans la période suivant le tsunami et a permis de proposer une démarche pour le développement des pêches, ainsi qu’une structure pour en améliorer la gestion. Le gouvernement indien en partenariat avec la Banque Mondiale, la FAO et d’autres se préparent à mettre en œuvre un nouveau programme de pêches au Tamil Nadu en 2007.
Le conseil, le soutien & et le développement des capacités
En 1999, en collaboration avec FAO, IDDRA a participé à une revue des options de développement pour le secteur des pêches sénégalaises. Une des grandes faiblesses était l’accès non règlementé aux ressources halieutiques. Les embarcations de pêche artisanale n’étaient ni immatriculées ni régulées. Les plus grandes embarcations étaient pourvues d’une licence mais pour des raisons uniquement administratives et sans aucun contrôle de capacité ni d’effort de pêche. Les ressources halieutiques étaient dans un état alarmant. En 2000, IDDRA a aidé à mettre au point un projet destiné à répondre au problème de l’attribution des droits de pêche dans les pêcheries sénégalaises. Pendant la période 2000-2006, le projet, en collaboration étroite avec diverses parties prenantes comme le Ministère des Pêches et des organisations de pêcheurs, a permis de définir des modes de régulation des pêcheries artisanale et industrielle. Parallèlement à ce projet, IDDRA a contribué au plan d’action national sur la capacité de pêche, à l’évaluation de l’accord de pêche Sénégal–UE et à l’analyse du rôle des produits de la mer dans une stratégie de croissance économique accélérée visant à lutter contre la pauvreté. Cet ensemble d’activités a été financé par une variété de bailleurs de fonds, y compris le Ministère sénégalais des finances, la Coopération française et l’UE. D’autres bailleurs de fonds et leurs partenaires, y compris la Banque Mondiale (par le biais du projet GIRMAC) et de nombreuses ONGs se sont ensuite servis de ces résultats pour engager le travail de mise en place de tout ou partie des recommandations issues de ces travaux.
L'organisation du travail en équipe d’un réseau d’experts
En 2003, le Département britannique pour le Développement International (DFID) a demandé à IDDRA d’évaluer les besoins en soutien technique des pays en développement afin de mettre en oeuvre l’accord sur les stocks de poissons de l’O.N.U. (UNFSA). Cette mission a porté principalement sur l’analyse des options possibles pour renforcer les institutions nationales, sous-régionales et régionales et les politiques de pêche. IDDRA a organisé cette mission en réunissant un groupe d'experts appropriés venus du Pacifique, d’Amérique latine, d’Afrique du sud-est et des Caraïbes. Chaque expert a préparé un rapport suivant les termes de référence établis par IDDRA, et ces rapports ont ensuite été présentés pendant une réunion d’une semaine dans les bureaux d’IDDRA à Portsmouth. Les résultats des rapports et de la réunion ont servis de base à la préparation du rapport de synthèse final et des recommandations.
Le conseil en politiques des pêches
Depuis sa création en 1999, IDDRA a travaillé avec FAO à la formulation et à la mise en oeuvre des politiques régionales de pêche en Afrique de l'ouest (Commission Sous Régionale des Pêches). IDDRA a participé à la préparation du plan d'action de la CSRP et au premier programme de mise en œuvre de ce plan. IDDRA a contribué au travail sur l’harmonisation des politiques de pêche dans la sous-région à travers l’appui à la CSRP mais également à travers les chantiers ouverts dans différents pays de cette sous région (Mauritanie, Sénégal, Cap Vert, Guinée Bissau, Guinée Conakry principalement). IDDRA a contribué à de nombreux thèmes de travail durant la période 1999-2007 parmi lesquels: l'autonomisation financière de la CSRP, les conditions d'accès minimales harmonisées, les avantages de la coopération dans la préparation de la négociation des accords de pêche, les plans d’ajustement de la capacité de pêche et les politiques de régulation de l’accès, les politiques en faveur de la pêche artisanale et une analyse des perspectives à dix ans des évolutions souhaitables de la CSRP. Ce travail était basé sur une communication permanente avec les états membres de la CSRP. IDDRA a également contribué au développement d’un programme ciblé sur la gestion des pêches pour un financement par l’UE (AGPAO).
L’apport de compétences techniques
IDDRA a travaillé de façon intensive en Mauritanie, à la fois avec le Ministère et avec l’IMROP (l’Institut National Mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches). L’une de ses missions, entreprise en collaboration avec l’IRD était de développer un modèle bioéconomique de la pêcherie du poulpe mauritanienne. Cette modélisation pourrait être encore développée mais il est clair que le modèle disponible indique déjà que la rente sur une pêcherie bien gérée pourrait être de l’ordre de 70 à 100 millions de dollars US par an. IDDRA a également aidé le Ministère à concevoir un plan de gestion de la pêcherie, dont le but principal est de s’assurer que les rentes peuvent être générées et partagées de façon équitable entre les utilisateurs de la ressource et le gouvernement.
Le suivi & l’évaluation
Le Programme des moyens d’existence durables dans la pêche, financé par DFID au Royaume -Uni était l’activité phare sur le terrain du département des pêches de la FAO. IDDRA a représenté DFID en participant à l'évaluation finale du projet aux côtés du service d'évaluation de la FAO. Cette évaluation a concerné une vaste zone géographique puisque ce sont 25 pays d’Afrique de l’Ouest qui étaient retenus dans le cadre de ce programme. L’équipe chargée de l’évaluation a visité neuf des pays et rencontré une variété importante de parties prenantes aux projets pilotes et communautaires. Elle a aussi revu l’énorme documentation fournie par le Programme. Le rapport final d’évaluation a été présenté lors d’une réunion plénière à FAO à Rome en février 2007 et a été discuté également lors d’une réunion des parties prenantes à Dakar, au Sénégal en mars 2007.
La recherche en politiques des pêches
Dans la continuité de ces implications dans les programmes européens IDDRA a participé au projet INDECO (2004-2007), représentant une action de coordination européenne, dont le but était d’assurer une démarche cohérente dans la mise en place d'indicateurs au niveau de l'UE, afin de soutenir l'intégration environnementale au sein de la PCP et dans le contexte du travail international sur les indicateurs. Un consortium de 20 organisations de recherche venant de 11 états membres de l’UE, dirigés par l'Institut pour une Politique Environnementale Européenne (IEEP) a mis en œuvre INDECO. Un groupe consultatif d’utilisateurs a fourni le lien entre les chercheurs et les décideurs, les gestionnaires et les parties prenantes. IDDRA formait l’une des deux équipes chargée de revoir et d’analyser l’utilité des indicateurs socio-économiques en gestion des pêches en abordant tout particulièrement l’impact de la pêche sur l’environnement. Cela a conduit à revoir les indicateurs socio-économiques existants afin de comprendre l’impact de la pêche sur les écosystèmes marins et à développer deux études de cas comparatives explorant les possibilités à venir de l’utilisation des indicateurs socio-économiques dans l’étude de l’impact de la pêche sur l’état de l’écosystème.

